Définition lever

Citations Conjugaison Synonymes Définition
Lever (Verbe)
[lə.ve] / Intransitif
  • Commencer à pousser et à sortir de terre, en parlant des plantes, des graines.
  • (Boulangerie & pâtisserie) Fermenter en parlant de la pâte.
Se lever (Verbe)
[lə.ve] / Pronominal
  • Se dresser, se mettre debout sur ses pieds.
  • Quitter une position assise pour partir, à table, au bureau, dans une assemblée.
  • (Figuré) S’opposer, s’insurger.
  • (Absolument) Sortir du lit.
  • Commencer à paraître sur l’horizon, en parlant du soleil et des astres.
  • (Par extension) Commencer à poindre, en parlant du jour.
  • (Par analogie) Commencer à souffler, en parlant du vent.
  • (Par analogie) Devenir moins maussade, en parlant du temps.
Lever (Nom commun)
[lə.ve] / Masculin
  • Action de se lever.
  • Action de lever un plan ; levé.
Informations complémentaires

Le mot lever est un verbe riche de significations, qui évoque toujours une action de mise en mouvement vers le haut, que ce soit de façon physique, symbolique ou métaphorique. Lever quelque chose, c’est le soustraire à la gravité, l’élever, le faire apparaître ou le sortir d’un état de repos ou d’immobilité. Ce verbe très courant appartient au vocabulaire de base de la langue française, mais sa simplicité cache une profondeur d’usages et de nuances, qui varient selon les contextes.

Dans son sens le plus concret, lever un objet, c’est le saisir pour le soulever : on lève une valise, un rideau, une main, une charge. C’est une action physique, souvent liée à la force, mais aussi à la volonté. Lever sa main en classe, par exemple, ne relève pas d’un effort musculaire, mais d’un geste volontaire et signifiant, celui de prendre la parole ou d’attirer l’attention. Le mot peut donc désigner à la fois un acte banal du quotidien et un signal codé, intégré dans des rituels sociaux.

Lever s’utilise aussi dans le registre du corps et du réveil. On se lève le matin, on lève quelqu’un de son lit, on lève la tête ou les yeux. Dans ce contexte, il s’agit de passer d’un état de repos à un état actif, de sortir du sommeil ou de l’inertie. Ce moment du lever, au sens humain, marque souvent le début d’une nouvelle journée, d’un nouvel effort, d’un nouveau cycle. C’est un mot associé à la renaissance quotidienne, à la reprise du mouvement après l’arrêt.

Le mot s’applique également au monde naturel, notamment au lever du soleil ou de la lune. Ces expressions poétiques décrivent l’instant où l’astre passe au-dessus de l’horizon, baignant le monde de lumière. Le lever du jour, en particulier, est chargé d’images de renouveau, d’espoir, de calme ou de promesse. Il est souvent associé à des instants méditatifs, à des scènes de films ou à des émotions profondes. La nature lève ses lumières, et l’homme s’y associe en silence.

Dans un registre plus abstrait ou institutionnel, on peut lever une interdiction, une séance, une armée, des fonds. Ici, le mot prend un sens plus administratif ou stratégique. Lever une interdiction, c’est l’annuler ; lever une séance, c’est y mettre fin ; lever une armée, c’est la constituer ; lever des fonds, c’est rassembler de l’argent. Dans tous ces cas, « lever » marque un changement d’état, une transition vers une action nouvelle ou une libération.

Le mot est aussi utilisé dans le monde du pain et de la cuisine : on dit que la pâte "lève", c’est-à-dire qu’elle gonfle sous l’effet de la fermentation. C’est un processus lent, vivant, invisible au premier regard, mais qui transforme la matière. Ce sens donne au verbe un aspect organique et patient, très éloigné de ses usages militaires ou politiques. La pâte qui lève évoque la vie qui monte doucement, la transformation silencieuse.

Enfin, « lever » peut avoir un sens émotionnel ou métaphorique : lever les doutes, lever le voile, lever les yeux vers quelqu’un, lever un mystère… Le mot devient alors un outil poétique, un geste de découverte, d’ouverture, de confiance. Lever n’est plus seulement faire monter quelque chose dans l’espace, c’est faire apparaître ce qui était caché, oser regarder plus haut, ou rendre possible ce qui était suspendu. Il prend une dimension intérieure, presque spirituelle.

En résumé, le verbe lever est un mot du quotidien, aux racines très concrètes, mais dont les usages s’étendent à tous les registres : physique, psychologique, naturel, institutionnel ou symbolique. Il parle de mouvement, d’élévation, de passage d’un état à un autre. Lever, c’est toujours agir pour faire naître quelque chose : une lumière, une parole, une armée, une idée, une journée. Un petit mot qui porte haut.