Définition pérorer

Citations Conjugaison Synonymes Définition
Pérorer (Verbe)
[pe.ʁɔ.ʁe] / Intransitif 1er groupe
  • Parler, discourir longuement et avec une sorte d’emphase.
Informations complémentaires

Le verbe pérorer désigne l’action de parler d’une manière prétentieuse, emphatique ou prolixe, souvent pour se mettre en avant ou attirer l’attention. Il est généralement employé avec une connotation négative ou critique, pour souligner un discours jugé inutilement long ou pompeux, voire déconnecté du sujet ou de l’auditoire.

Une personne qui pérore est souvent perçue comme cherchant à impressionner ou à imposer son point de vue, parfois au détriment du dialogue ou de l’échange. Par exemple, on peut dire : "Il a passé toute la réunion à pérorer sur des sujets qui n’intéressaient personne." Ce type de comportement est fréquemment associé à une attitude condescendante ou narcissique, où l’orateur semble plus préoccupé par lui-même que par l’impact réel de ses paroles.

Le terme trouve son origine dans le mot latin perorare, qui signifie "parler jusqu’au bout" ou "conclure un discours". Historiquement, il évoquait une certaine éloquence dans le cadre formel de plaidoiries ou de discours publics. Toutefois, dans son usage moderne, pérorer s’est chargé d’une connotation critique, se référant davantage à un discours verbeux et auto-satisfait qu’à une véritable démonstration de talent oratoire.

L’emploi de pérorer est souvent réservé à des contextes où l’on veut insister sur le caractère inapproprié ou excessif du discours. Il peut s’appliquer aussi bien à des situations formelles, comme un exposé ou une conférence, qu’à des moments informels, comme une discussion entre amis ou collègues, où quelqu’un monopolise la conversation de manière peu constructive.

La critique implicite dans le verbe pérorer repose aussi sur une dimension de décalage entre la longueur ou l’insistance du discours et son intérêt réel. Pérorer, c’est parler pour parler, sans réelle considération pour l’auditoire ou pour la pertinence des idées exprimées. Cela peut provoquer ennui, agacement ou lassitude chez les personnes présentes.

Dans un registre plus littéraire ou humoristique, pérorer peut être utilisé pour caricaturer une figure ou une situation. Par exemple, on peut imaginer un personnage dans un roman qui pérore devant un public captif, pour souligner son ridicule ou son décalage avec la réalité. Ce type d’usage donne au mot une portée satirique, en accentuant les traits négatifs associés au comportement.

Enfin, pérorer s’inscrit dans un registre de langue soutenu ou légèrement ironique, ce qui en fait un mot moins courant dans le langage quotidien. Son emploi apporte une précision particulière pour décrire des situations où le discours domine de manière excessive et non productive.

En résumé, pérorer signifie parler de manière pompeuse ou prolixe, souvent avec une intention d’impressionner mais sans véritable considération pour l’auditoire. Ce terme critique met en lumière une attitude verbeuse et prétentieuse, tout en offrant une richesse d’expression pour décrire des comportements ou des situations marqués par l’excès de parole.