Définition IFI

Définition
IFI (Sigle)
  • Impôt sur la Fortune Immobilière
  • Impôt français sur la fortune qui concerne les personnes possédant un patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 millions d'euros.
Informations complémentaires

L’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) est un impôt français qui s’applique aux personnes détenant un patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 million d’euros. Il a été instauré en 2018, sous la présidence d’Emmanuel Macron, en remplacement de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), qui taxait l’ensemble du patrimoine des contribuables fortunés, y compris leurs placements financiers et actifs professionnels. L’objectif affiché de cette réforme était de favoriser l’investissement productif en supprimant la taxation des capitaux investis dans l’économie réelle, tout en maintenant une fiscalité sur l’immobilier, considéré comme moins dynamique pour la croissance.

Le calcul de l’IFI repose sur la valeur nette du patrimoine immobilier, c’est-à-dire la somme des biens immobiliers détenus, après déduction des dettes associées (crédits immobiliers, emprunts, certaines charges déductibles). Il s’applique aussi bien aux résidences principales et secondaires qu’aux biens locatifs, terrains et parts de sociétés détenant de l’immobilier. Cependant, la résidence principale bénéficie d’un abattement de 30 %, ce qui réduit l’assiette taxable pour ceux qui habitent dans des logements de grande valeur.

L’IFI suit un barème progressif, avec des taux allant de 0,5 % à 1,5 %, selon la valeur du patrimoine immobilier. Seuls les patrimoines supérieurs à 1,3 million d’euros sont soumis à l’IFI, mais l’imposition commence dès 800 000 euros de patrimoine net imposable. Le montant de l’impôt est calculé par tranches, un peu comme l’impôt sur le revenu, ce qui signifie qu’une partie du patrimoine est taxée à un taux plus faible et l’autre à un taux plus élevé, selon la valeur totale déclarée.

L’IFI concerne principalement les grands propriétaires immobiliers, qu’ils soient particuliers ou entrepreneurs détenant des biens via des sociétés civiles immobilières (SCI). Toutefois, certains biens sont exonérés, comme les immeubles affectés à une activité professionnelle et certains types d’investissements immobiliers spécifiques (ex. : forêts, terres agricoles sous certaines conditions). De plus, certaines réductions d’impôt sont possibles, notamment via des dons à des organismes d’intérêt général, qui permettent de bénéficier d’une réduction d’IFI à hauteur de 75 % du don, dans la limite de 50 000 euros.

L’IFI a suscité de nombreux débats dès sa création. Ses partisans estiment qu’il permet de conserver une fiscalité sur la fortune tout en encourageant l’investissement dans l’économie productive. Ses détracteurs, en revanche, le jugent injuste car il pénalise ceux qui ont investi dans l’immobilier plutôt que dans des placements financiers ou des entreprises. Certains estiment aussi qu’il pousse certains contribuables à vendre leurs biens pour réduire leur charge fiscale ou à adopter des stratégies d’optimisation pour minimiser leur patrimoine imposable, notamment en transférant leur fortune vers d’autres actifs non taxés.

L’IFI a également des effets sur le marché immobilier, notamment dans les grandes villes comme Paris, où les prix élevés font que de nombreux propriétaires dépassent le seuil d’imposition, parfois sans pour autant avoir des revenus élevés. Cela pose la question de l’impôt sur la richesse latente, car contrairement à un impôt sur le revenu, l’IFI taxe un patrimoine qui ne génère pas nécessairement de liquidités immédiates. Certains propriétaires se retrouvent ainsi contraints de vendre des biens ou d’augmenter les loyers pour compenser la charge fiscale.

En comparaison avec d’autres pays, la France reste l’un des rares à maintenir un impôt spécifique sur la fortune immobilière. De nombreux pays européens ont supprimé ce type d’impôt, jugeant qu’il dissuade l’investissement et pousse les grandes fortunes à s’expatrier vers des pays à fiscalité plus douce. Malgré cela, l’IFI reste en place et fait régulièrement l’objet de propositions politiques visant soit à le renforcer en rétablissant une version modernisée de l’ISF, soit à le supprimer pour encourager l’investissement dans l’immobilier.

À l’avenir, l’IFI pourrait évoluer en fonction des orientations fiscales des prochains gouvernements. Certains économistes plaident pour un impôt plus large sur la fortune intégrant des critères écologiques, par exemple en taxant davantage les biens immobiliers très énergivores et en allégeant la fiscalité sur ceux qui respectent les normes environnementales. D’autres évoquent la possibilité d’un ISF "climat", qui ne viserait pas seulement l’immobilier mais prendrait en compte l’impact écologique des grandes fortunes. Ces réflexions montrent que la question de la taxation des patrimoines reste un sujet sensible, entre justice fiscale, attractivité économique et financement des services publics.

En conclusion, l’IFI est un impôt emblématique de la fiscalité française, qui reflète la volonté de taxer les grandes fortunes sans pénaliser l’investissement financier et entrepreneurial. S’il constitue une source de revenus pour l’État, il soulève aussi des questions sur son impact sur le marché immobilier et son efficacité en matière de justice sociale. Entre réforme, suppression ou élargissement, il reste au cœur des débats sur l’avenir de la fiscalité du patrimoine en France.



IFI (sur le web)
ISF
ISF - Impôt sur la fortune

L’ISF, l’impôt de solidarité sur la fortune, est un impôt qui concerne les contribuables qui dépassent un certain niveau de revenus ...



Exemple(s) d'utilisation

  • (Proverbe Moderne)
    Avec l’IFI, l’État t’explique que tu es riche, même si tu ne trouves pas de liquidités pour payer.

  • (Citation - Warren Buffett)
    Ce n’est pas en taxant les propriétaires qu’on enrichit un pays, mais en encourageant l’investissement.

  • (Proverbe Anglais)
    La maison appartient à celui qui y vit, jusqu’à ce que l’impôt lui prouve le contraire.